ACCOMPAGNEMENT ET POLITIQUE:
 
  "Mais on sait que travailler pour davantage d’humanitude et lutter toujours et encore contre la barbarie, ce n’est pas un principe éthique, c’est une option politique. De même, prendre parti pour les acteurs et leur émancipation, dans la logique de confiance dans les possibles de l’autre, parier  sur  leur pouvoir  agir,  est  un  engagement politique  qui  va  être  en  lien  avec  l’éthique  de  la  relation :
« L’éthique est une sagesse de l’action, mais une sagesse qui surgit du vivant et ne se décrète pas à coup de principes. Sinon, c’est  l’aseptisation de  la  relation ». Le politique est un étayage de l'accompagnateur pour assumer les situations éthiques."
 
Vial, M., et Mencacci, N.,  2007,  L’accompagnement  professionnel, Bruxelles :  de Boeck

SE DÉGAGER DE LA RÉPÉTITION:
" La reproduction à l'identique, la compulsion à la répétition  est la marque  du travail silencieux  de la pulsion de mort. En se reproduisant identiquement et en croyant en cela, sauver leur vie, les systèmes signent leur arrêt de mort. La reproduction  élargie, qui admet des transformations, l'accumulation des différences, est un élément essentiel d'adaptation du système aux exigences de la réalité. [...] Lorsqu'une organisation passe de la reproduction simple à la reproduction élargie, de l'auto-régulation simple à l'auto-régulation complexe, elle  est obligée de définir d'autres politiques, d'autres objectifs, de laisser la pulsion de vie dire son œuvre, d'accroître son état de variété et d'imaginer les états-buts qui pourront répondre à cette variété"

E. Enriquez, 1972, p. 41

Accompagnement de personnes en projet politique

Coaching et coach en politique en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Energie, stratégie et pouvoir
Par Armand Mamy-Rahaga (copyright 2010)

"Toute communication est tentative d'influencer autrui"
(Mucchieli, A.,2009).


" [...] le groupe, dans l'illusion groupale, devient le but du groupe; il prend la place du Moi Idéal de chacun des membres. Ainsi investi d'une sorte de toute puissance, il permet la restauration, au plan affectif, des narcissismes individuels infantiles." D. Arnaud (2004)

Le coaching politique pourquoi ?
Pour rendre plus efficace l’engagement dans la politique, en questionnant le désir du sujet et le sens de l'engagement .
Pour intérioriser et affiner une posture de stratège.
Pour libérer l’énergie de l’engagement qui est énergie intelligente et créative car c'est bien de créativité dont a besoin l'engagement politique.
Pour éviter de susciter des situations à haut coût énergétique. Dans les arts martiaux on apprend qu'en matière de stratégie le critère majeur est l'obtention du résultant à un coût tendant vers zéro. Le stratège Sun Tseu parle de "vaincre par les situations" et non par la valeur des généraux.
La relation au pouvoir est aussi questionnée par le coaching politique, pour les mêmes raisons et sous les mêmes angles.

Ça fait 20 ans que je fais de la politique, je sais ce que c’est.
L’habitude et l’expérience, en politique, peuvent être des ennemis. Par moments, toujours au mauvais moment, elles sont à l’origine de la perte de vigilance et du laisser-aller, coûteux en énergie.
La politique est une activité pleine de surprises que l’on pratique à temps plein. Le coaching politique a vocation à accompagner dans cette voie : la voie de la stratégie vécue et pratiquée au quotidien, pour les petites choses comme pour les grandes.

C’est quoi un coach politique ?
Le coach politique est un “ fou du Roi ” accompagnateur.
Son statut de “ tiers venant”, d’intervenant de passage, lui permet de mener des entretiens qui amènent le coaché à explorer des zones dont il ne peut (ou ne veut) extraire du “sens” seul. Le “ sens ” est l’énergie. Il détermine le pouvoir et la stratégie.

Qu’est-ce qu’un coach va m’apprendre dans mon domaine ?
Le spécialiste de son domaine d’activité (ici la politique) est bien le coaché (le politicien). Le coach sert à renforcer et à étayer cette compétence. Il n'enseigne rien! 
Toutefois, le dispositif d’accompagnement n'exclut pas totalement des moments de conseils s'il faut débroussailler le chemin. 
L'accompagnement n'est surtout pas du conseil qui consiste à prétendre savoir pour l'autre et à sa place.

Que pourrait m’apporter le coaching ?
Le coaching politique permet au coaché de questionner : sa communication, son programme, son projet politique, ses ambitions, ses priorités, sa construction identitaire (la personne privée et le personnage public et politique), son lien aux autres, à la nation, au peuple, à l’Histoire (problématique de l’appartenance et de la différence), son rapport au pouvoir, ses limites, sa marge de progression.
Le coaching affine et renforce : la réflexivité, l’auto-évaluation, la faculté d’anticipation ainsi que l’habileté d’improvisateur. En renforçant la posture de politique, le coaching contribue à donner de la densité et de la stabilité à la personnalité politique du coaché.
Ainsi l’homme politique se construit lui-même et progresse en pratiquant la politique. La politique donne du sens à sa vie, sa vie donne du sens à son engagement politique.
Le coaching aide à l’élaboration d’un style vivant de gouvernance.
Le coaching permet l’élaboration d’une durabilité plastique faite de réorganisations et de réorientations, par l’articulation : du stable et du mouvant, du programmé et de l’inattendu, du consensus et de la contradiction, de la coopération et de l’affrontement.

l'énigme

La politique et le coaching politique ? Vanité des vanités ?


Quand les gens entendent parler de coaching de politiques, la réaction est systématique : moqueries et scepticisme.  L’engagement politique souille, voilà l’idée reçue. Or le politique est bien celui qui a choisi et voulu s’engager en politique : mains dans le cambouis, inconfort mais puissance et optimisme dû à un projet (quel qu’il soit). Celui qui le critique n’est souvent pas engagé : mains propres ou pas de mains du tout, confort, impuissance, plaintes et pessimisme dû à l’absence de projet. Une passivité empli de bonne conscience, terreau du fascisme et partant du totalitarisme. AMR.

1 L’engagement politique est un sillon tracé entre la vision et l’erreur, entre le clair et l’obscur.  L’infaillibilité est un fantasme dangereux pour le politique. L’accompagnement politique aide à investir la réalité magmatique de la politique en construisant un projet,  une posture, un style,  un personnage (distinct de la personne) et une stratégie.

2 L’accompagnement politique accompagne la mise en tension de la pensée et de l’action en aidant : à mener une pensée à la fois distanciée et impliquée (le contraire d’une pensée solitaire et livrée à la seule subjectivité), à bâtir une stratégie plastique, à la prise de décision sans entêtement et à passer à une action sans obstination. L'engagement politique relève de l'évaluation située.

3 L’accompagnement politique dégage de l’allure, de l’aise, de la créativité, de l’espace et du temps, dans le champ politique, miné par la contrainte, l’urgence et la prise de risque d’un côté, et de l’autre côté : l’évitement, l’esquive et la déresponsabilisation.

4 L’accompagnement politique est un précieux accélérateur de pensée pour penser par soi-même à partir de sa situation, de ses propres valeurs et de ses propres références, jusqu’à arriver à penser différemment, sous des angles différents. L’accompagnement politique est pragmatique. Il fait gagner du temps parce qu'il confronte le politique à  un autre que lui "ami critique". Il génère des idées nouvelle par ce qu'il prend ses racine dans le terrain.

5 L’accompagnement politique rend à la réflexion politique sa dimension éthique et esthétique. Elle réveille la puissance créatrice du personnage politique, lui donne de la hauteur tout en le mettant en prise avec le réel, en l’amenant à cette limite de lui-même où il peut articuler son pouvoir sur lui-même et son action sur la société, son histoire personnelle et l’Histoire.

« Le magnanime est un homme qui a une mission créatrice : vivre et être, c’est pour lui, faire de grandes choses, produire des œuvres de grands calibres. Le pusillanime en revanche n’a pas de mission ; vivre pour lui c’est simplement exister pour soi, se conserver soi-même, c’est aller parmi les choses qui se trouvent déjà là et qui ont été faites par d’autres. ». Ortega y Gasset, Le spectateur (1927-1994).

“La politique un métier, une vocation, un dévouement, un engagement?  Entre conviction et questionnement, entre tradition et développement”

Le coaching politique accompagne le coaché dans la dimension plus large de la citoyenneté, de l'engagement politique et de la représentation. Quelques bornes du champ politique : l'éducation, les mentalités, l'opinion publique, les idéologies, la culture, l'économie, le développement, la Loi et  l'Histoire...

"Les construits humains socialement finalisés perdent vite leur " raison d'être " et tournent à la reproduction de l'organisation et des activités qui deviennent leur seul horizon : l'institué devient sa propre fin au détriment, voire à l'encontre, du sens et des valeurs qu'il devait servir. Dans cette perspective, le développement des personnes et les valorisations sociales des acteurs et des groupes peuvent être perdus pour un ronronnement illusoire" (M. Lecointe, 1997).

Le coaching accompagne les processus de problématisation, de dialectisation et de mise en projet.

"Ce qui est formateur [pour les travailleurs], c'est-à-dire ce qui accroît leur rayon d'action et leur pouvoir d'agir, c'est de rencontrer la possibilité de changer le statut de leur vécu : d'objet d'analyse, le vécu doit devenir un moyen pour vivre d'autres vies, […] c'est seulement quand l'expérience sert à faire d'autres expériences qu'on conserve la main sur son histoire, non pas en la niant  mais par l'entremise de son développement
(Y. Clot, 2001).

“Entre l’objectivité présumée du réalisme ou du positivisme et la subjectivité attribuée à l’idéalisme ou au conventionnalisme, nous pouvons nous concevoir une autre caractérisation de l’exercice intentionnel de la raison que l’on appellera « la projectivité”
(Le Moigne, 1995)
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Le projet politique :
 
En partant de la commande du coaché, l’accompagnement amène à la formulation  d'une problématique personnelle : la « question vive », celle sur laquelle bute le sujet, celle qui lui fait problème celle qui est de lui, qui est signée de lui. 
C’est une problématique singulière, elle faite de tension entre ce qu’il voudrait faire, ce qu’il croit pouvoir faire et ce qu’il est obligé de faire. C’est une tension entre le subjectif et l’objectif ; c’est dans cette tension originale et vivante que la profondeur, la singularité et l’originalité d’un projet politique original prend sa source. Le projet est à la fois une action sur le monde extérieur et un processus identitaire donc un processus tourné vers soi.

Cette tension est le moteur et le carburant un travail d'élaboration où le sujet s’approprie consciemment le problème au lieu d’en être la marionnette.
Ainsi, la problématique de départ évolue, une mise en mouvement donc une mise en projet est à l’œuvre. Du « sens » se dégage alors, et  le « sens » de ce que l’on fait devient intelligible et communicable à soi et aux autres. La question vive du politique en démocratie  est "sa représentation des autres"... 

Le « sens » comme action et comme mouvement est un travail des contradictions et des contraintes. Il fait avancer et participe ainsi à la construction du personnage politique, de son style et de sa stratégie.

Le processus de mise en projet  articule le projet du sujet à la réalité politique pour faire émerger le projet politique. Le projet politique est un cheminement en continuel ré-ajustement. Il éclaire ainsi les angles morts, questionne les évidences, met à jour des déterminations comportementaux pour  libération de l'énergie du changement. Le projet politique est à la fois action, conceptualisation de l’action (avant, pendant et après l’action) et communication sur l’action, le coaching accompagne la conceptualisation du projet politique.

Une précision essentielle : le cheminement appartient au coaché. Le coach est un accompagnateur, le coaché seul est le spécialiste de son propre cheminement. L'accompagnateur est là pour accélérer son changement afin que  le coaché se rende capable, aussi bien de faire face à l'inattendu en inventant  des stratégies dans l'instant,  que de mener des action stratégiques programmées parce qu'il habite un projet vivant qui est le sien…

La posture de l'accompagnateur

"L'état n'est rien d'autre qu'une machine située dans la nation pour servir la nation.Le petit politique tend toujours à oublier cette relation élémentaire [...]. Le grand politique  voit toujours les problèmes de l'État à travers - et en fonction des problèmes de - la nation. Inversement, le petit politique, comme il se trouve en possession de l'État, tend à le prendre  trop au sérieux, à lui donner une valeur absolue, à méconnaître son sens purement instrumental" J. Ortega y Gasset (1992)

"On sera donc attentif à la synergie entre institution et organisation et à leur conflictualité potentielle." D. Arnaud (2004)


Devoir de protection
. L'accompagnateur est un " Ami critique ", il n'est ni un complice ni un confident. Il est le professionnel qui est là pour faire avancer l'accompagné sur son propre chemin, tout en le protégeant. Dans le cadre et dans les limites de ce devoir de protection, il peut entendre des confidences et dans ce cadre seulement. A cette fin, le professionnel fait la différence entre les confidences qu'il a à décourager, celles qu'il n'a pas à écouter et celles qu'il doit entendre et questionner pour que l'accompagné avance en lui-même.

Respect du secret. L'accompagnateur n'a pas à tout savoir de l'accompagné. Celui-ci doit garder une grande part d'énigme. C'est dans ce principe fondamental de " l'énigme du sujet " - sans lequel il ne saurait y avoir de coaching - que s'enracine la notion de secret professionnel. Le professionnel n'est jamais le dépositaire des secrets de l'accompagné.

Servir les intérêts de l'accompagné. L'accompagnement se mène par le questionnement. L'accompagnateur pose les questions que ne se pose pas l'accompagné pour que celui-ci trouve l'occasion d'éclairer ses angles morts et faire les prises de consciences qui servent son agir. Il contribue à " faire voir autrement " pour que le sujet puisse envisager de "faire autrement", de "faire autre chose". Il n'est pas un curieux ; il ne pose pas les questions pour lui, il les pose des questions de professionnel pour que le coaché avance dans son propre projet.


Questionner pour libérer une énergie. Pourquoi le questionnement ? Parce que la vérité appelée " vérité du sujet " est chez l'accompagné et non chez l'accompagnateur et parce que la tâche de celui-ci est de le faire mettre au jour cette vérité par l'accompagné, pour l'accompagné. La vérité dont il est question est ce qui engage l'accompagné, ce qui a du sens pour lui. C'est en travaillant cette "vérité" qu'il se travaille lui-même. C'est une "vérité" pragmatique, toujours en ré-élaboration. C'est le support de sa communication, la colonne vertébrale de son projet politique et de son programme. Cette vérité est dynamique quand elle est conjuguée au questionnement. Il s'en dégage alors l'énergie qui donne du souffle, de la puissance et de l'intelligence et de la créativité à l'engagement.



L'accompagnement...


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